Maternage proximal #2: L’aventure lactée, cette magie blanche

Maternage proximal #2: L’aventure lactée, cette magie blanche

Allaiter au sein ou au biberon est un choix personnel, qui se fait en couple, à deux. Pour nous, l’allaitement au sein ne posait aucun problème si toutes les conditions y étaient favorables et si tout se passait bien, je ne voulais pas m’y forcer, ce n’était pas un projet mais plutôt un souhait de tenter l’aventure. Quand j’ai vu ma fille pour la première fois dans la salle de naissance, une tétée de découverte est apparue comme une évidence, je l’ai posée sur moi, elle a rampé au sein, l’a pris et a goûté à son premier colostrum. Nous n’avons eu aucun souci par la suite, les tétées se passaient bien, sans douleur, le problème des premiers engorgements fut vite et bien réglé avec un tire-lait sous la main, les massages et les tétées fréquentes. Une fois arrivée à la maison, j’ai réussi à tenir les trois premières nuits hachées par les tétées nocturnes: je me suis levée, prise ma fille dans mes bras, restée dans mon fauteuil disposé sagement près du berceau… Et puis la fatigue est arrivée, avec les irritations pour un rien, les larmes et les crises d’angoisse. C’en était fini du berceau et des allers-retours nocturnes, nous sommes passés au co-dodo dans notre lit et je n’ai plus jamais connu de réveils pour les tétées de ma fille. Le sommeil n’étant plus cassé, j’ai vite retrouvé ma forme habituelle et j’ai mis à profit toute mon énergie pour vivre pleinement et sereinement cette nouvelle vie à trois.

Aujourd’hui, notre fille va bientôt avoir deux ans, je l’allaite toujours et elle dort toujours avec nous. J’aimerais que le sevrage se fasse naturellement, c’est à dire que ma fille soit à l’origine de cette décision. J’aime allaiter, j’aime ces moments pleins de douceur, de communication, d’amour, de connexion, de complicité. Voir son enfant s’endormir en prenant le sein, le savoir apaisé et rassuré, voir son petit corps se relâcher et ses yeux se fermer, le sentir s’abandonner doucement dans son sommeil, l’accompagner et l’observer dormir un temps infini…cela n’a pas de prix.

Allaiter est beau, allaiter est fort, allaiter est fatiguant. Les pics de croissance, la poussée dentaire, les maladies infantiles, les émotions toutes nouvelles qui submergent un cerveau encore immature… Il faut savoir rester présente, disponible, calme, détendue, empathique…même quand l’envie n’est pas là. Ce don de soi n’est pas toujours évident, mais tout se passe très naturellement lorsque ce choix est conscient et éclairé, lorsque nous avons confiance en nous et en notre enfant. Après tout, il est toujours possible d’arrêter l’allaitement au sein si ce choix ne nous convient plus. Ce qui compte, c’est de se respecter soi-même et ne pas se forcer.

Voici quelques astuces dont j’aimerais vous faire part si vous envisagez de vous lancer dans une aventure lactée. Il est très facile de s’informer sur l’allaitement aujourd’hui et de se faire aider lorsque tout ne se passe pas forcément comme on l’avait imaginé. Il est primordial de combattre le manque d’information, d’accompagnement et donc de confiance en son projet et en ses capacités.

1/ L’avis des autres n’est que la vie des autres

N’écoutez pas «les mythes» et les idées reçues qui vont circuler autour de vous. Il est fort probable que votre entourage familial, amical et/ou professionnel voudra vous combler avec leurs conseils «bienveillants» dès que l’occasion s’y présentera. Renseignez-vous au maximum pour ne pas vous laisser influencer par des informations non factuelles, absurdes voire désuètes. C’est usant et déprimant, surtout lorsque l’allaitement ne démarre pas facilement, il est donc facile de céder, de perdre toute confiance en soi, de souffrir inutilement. Lorsque vous entendez des remarques ou des questions qui vous mettent mal à l’aise (tu allaites encore? tu devrais pas le laisser téter si souvent! tu commences quand le lait en poudre? etc.), renvoyez les donneurs des conseils vers leurs propres schémas en répondant «Mais pourquoi?», cela a un effet déconstructeur très efficace!

2/ Prendre soin de vous est une priorité

Vous ne pourrez pas donner le meilleur de vous-même ni de donner tout court en étant fatiguée. Manger équilibré, prendre son bol d’air frais quotidiennement, lâcher prise sur l’état de la maison, dormir avec son bébé en journée quand c’est possible et ne pas casser son sommeil la nuit grâce au co-dodo (lit parental ou un petit lit collé au lit parental) – vous devez à tout prix rester en forme. Déléguez, ne refusez  aucune aide, ressourcez-vous régulièrement. Autrement dit, prenez soin de vous pour mieux prendre soin des autres.

3/ Allaiter à la demande

Bébé saura écouter ses besoins et tétera selon sa faim. N’espacez pas les tétées, ne vous mettez pas en stress lorsque Bébé tète «trop» ou «pas assez». Votre lait est toujours nourrissant et reste le meilleur aliment que vous puissiez offrir à votre enfant. Évitez le biberon, les bouts de seins en silicone et la tétine pour éviter au Bébé toute confusion avec votre sein, cela peut facilement mettre fin à votre allaitement. Si vous voulez avoir plus de liberté au quotidien, tentez de donner le sein en portant Bébé  et en vous aidant d’une écharpe de portage ou d’un porte-bébé physiologiques.

4/ Trouver la bonne position pour allaiter

N’hésitez pas à varier les positions pendant la tétée, aidez-vous d’un coussin de grossesse ou des coussins classiques si besoin pour vous installer confortablement et profiter de ces moments doux et apaisants. La tétée ne doit pas être une source de douleur, cette dernière apparaît lorsque votre posture n’est pas bonne ou lorsque Bébé est mal installé à votre sein.

5/ Se faire aider si besoin

Tournez-vous vers un professionnel qualifié lorsque vous rencontrez un obstacle qui vous empêche de mener à bien votre allaitement. Les consultantes en lactation certifiées IBCLC dans votre département, le site et les bénévoles de la Leche League, les ostéopathes pour vérifier les freins de lèvres et de la langue chez Bébé sont d’une aide précieuse!

Petite astuce pour soutenir la lactation: les feuilles du framboisier ou le fenouil en tisane plusieurs fois par jour, ainsi que les granules de Ricinus communis 5CH en homéopathie (peuvent vous être prescrites par votre médecin traitant, sage-femme, gynécologue).

6/ Rester à l’écoute de son enfant

Reconnaître les étapes difficiles est nécessaire pour comprendre le besoin de téter qui peut diminuer ou bien s’intensifier. Bébé sera plus au sein et en demande lorsqu’il a une dent qui pousse, lorsqu’il est malade ou encore lors d’un pic de croissance. Les pics de croissance arrivent généralement vers 3, 6, 9 et 12 semaines et 3, 6, 9 et 12 mois. Les crispations, les gencives qui se serrent, les agitations voir les morsures peuvent arriver à ce moment-là. Il est important de trouver et traiter la cause, privilégier les tétées au calme et sans stimulation extérieure, essayer de réagir avec le plus de douceur possible mais en restant ferme.

7/ Faites-vous confiance et faites confiance à votre enfant

C’est essentiel pour vivre une belle aventure lactée. Restez imperturbable face aux remarques, jugements et regards des autres. Les papas, soutenez votre femme allaitante en toutes circonstances, vous avez un rôle immense à jouer!

En guise de bonus, je vous renvoie vers mes comptes instagram coups de cœur, les «lolohelpeuses» et les illustratrices au talent immense, leurs pages sont remplies de bienveillance, de fous rires et de sororité: @gardetesconseils, @pinupmom, @boobz, @tt.en.tt, @dbmcamille, @littlebunbao, @voix.lactee, @popi_seed

Belle aventure lactée à vous, les mères-veilleuses!

Le choix de donner le sein ou le biberon reste un choix personnel. Accueillons-le avec bienveillance et empathie. Derrière cette décision se trouvent des êtres vivants, une grossesse et un accouchement dont nous ne connaissons pas l’histoire. Il n’y a pas de bien ou de mal faire. On fait de notre mieux.

Crédit photos – Phil Hearing via Unsplash


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *