Margaud: maman, libraire et chroniqueuse littéraire suisse

C’est avec une grande joie que je vous présente Margaud, libraire de profession mais aussi fondatrice du blog et de la chaîne Youtube MargaudLiseuse. Belle, courageuse et charismatique, Margaud partage sur la Toile sa passion pour la lecture mais également son cheminement éco-responsable et aborde les sujets tels que l’estime de soi où la sororité avec délicatesse et bonne humeur. Son univers est roux, pétillant et authentique!

Peux-tu te présenter?

La partie que j’aime le moins… je ne sais jamais quoi dire. Je suis Margaud, j’ai 29 ans et j’aime les petites choses simples de la vie. Je me passionne depuis petite pour les livres. J’aime les moments de solitude, la nostalgie et la mélancolie aussi. Mais à côté de ça je suis quelqu’un de très positif, qui aime beaucoup rigoler, qui a un sens de l’humour pince-sans-rire et qui une fois lancée peut parler pendant des heures.

Quel est ton parcours?

J’ai passé par tout en même temps, car tout est lié. Plus jeune j’ai eu une scolarité avec pas mal de bas et quelques hauts. Une étrange sensation d’invisibilité constante, et une confiance en soi proche de zéro. En Suisse on peut devenir libraire en faisant un apprentissage, donc cours professionnels et travail en librairie en alternance. Après l’école obligatoire j’ai choisi cette voie, grâce à ma passion pour les livres, et cette profession m’a ouvert de nouvelles portes, et surtout un premier pas vers la confiance en soi. En même temps j’ai ouvert mon blog tourné vers des chroniques littéraires. J’avais eu de nombreux blogs depuis mes 14 ans environs, mais toujours des trucs assez glauques, et pas très joyeux. Me concentrer uniquement sur les livres m’a fait beaucoup de bien. Du côté de la librairie je me suis dirigée vers la littérature jeunesse, parce qu’avant ça j’aurais aimé être éducatrice de la petite enfance (mais le parcours pour y arriver m’avait complètement démotivé). J’alliais deux choses que j’aimais beaucoup:  les livres et les enfants. Du côté du net j’ai commencé à faire des vidéos pour parler bouquins de façon différente que sur le blog. Et j’ai commencé à avoir une petite communauté. On rassemblait donc tout ce que j’aimais faire: travailler de ma passion en conseillant des livres, j’en parlais sur Internet pour dépasser les frontières, et grâce à ça j’ai pu réaliser des projets juste géniaux et rencontrer des personnes qui aujourd’hui encore sont très importantes dans ma vie.

L’une des dernières pièces était de devenir maman. J’ai toujours su que je voulais l’être. J’avais le papa idéal, mais le bébé a tardé à venir. J’étais dans une entreprise assez stressante, où je ne me sentais plus à ma place. Et quand j’ai enfin pu quitter cet endroit, bébé s’est pointé tranquillement. J’ai vécu une grossesse parfaite, j’étais si bien enceinte. Épanouie et sereine (si on oublie les nuits blanches et les impatiences dans les jambes). Après mon accouchement j’ai vécu un très gros baby blues, on a frôlé la dépression post-partum je pense, car je ne pensais pas que ça allait être si dur. Je savais que ça allait être difficile, mais je pensais que mon instinct maternel allait gérer le truc. Et s’il a était là bien souvent, au tout début il m’a laissé en plan pour pas mal de trucs. Je craquais vite face aux pleurs de notre fille, j’étais angoissée pour tout et j’ai arrêté de vivre jusqu’à ce qu’elle fasse ses nuits (heureusement elle les a faites au bout d’un mois et demi). Mais depuis, je suis une maman très heureuse et je me sens très bien dans ce nouveau rôle.

parentalite approximative et experimentale sans culpabilite racontee par une jeune maman

Comment définirais-tu ton type de parentalité?

Expérimentale. On essaye tous les jours de faire mieux. Mais parfois on fait faux, parfois on crie, parfois on s’énerve, parfois on fait du chantage, parfois on met un dessin animé, etc. A côté de ça on apprend avec elle, on l’écoute, on donne beaucoup d’amour, on danse et on rigole. On part en escapade en oubliant de prendre des choses avec nous, alors la fois suivante on sait qu’on devra y penser. Elle est et sera notre seule enfant, du coup tout commence par elle. Et on tient à lui expliquer qu’on l’aime de tout notre cœur, mais qu’on n’est pas des parents parfaits, et que nous aussi on craque et on pleure des fois. Et je sais qu’elle le comprend. Au début je culpabilisais de parfois m’énerver, et je croyais qu’elle allait être traumatisée, qu’elle allait m’en tenir rigueur (merci les réseaux sociaux et les articles que tu vois passer sans même les chercher), mais j’ai vite compris qu’en lui expliquant, qu’en étant à l’écoute et en appliquant des petites choses toutes simples, je ne devais pas me faire peur.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le fait d’être parent?

J’ai appris tellement de choses. Je suis devenue quelqu’un de vachement plus calme, patiente et qui a apprit à lâcher prise. Ma confiance en moi a pris l’ascenseur et maintenant je me sens tellement plus moi. Le regard des autres est inexistant quand je suis avec elle. Et puis c’est toutes ces petites choses qu’on oublie un peu quand on grandit, on les retrouve avec son enfant, et ça fait tellement de bien. J’aime tellement voir comment elle découvre le monde qui l’entoure. Je crois que c’est le rôle que je préfère, être maman.

Quelle est ta façon de t’épanouir en tant que femme et maman?

J’ai surtout tenu à garder mes passions, garder mon emploi et mes moments à côté de la maison. Je suis très casanière, mais je n’oublie pas de sortir voir mes amies. J’ai reprit des instants importants pour moi, qui quand j’avais tout mon temps pour moi m’avait complètement abandonnés ; comme la méditation et les moments de pleine conscience par exemple.

Quelles sont tes activités de reconnexion en famille préférées?

Les sorties en plein air. C’est le moment où toute la famille change d’environnement et elle est de nouveau capable de s’entendre, de faire table rase de ce qui se passait à la maison. C’est aussi terriblement ressourçant. En duo mère-fille j’adore faire de la pâtisserie, c’est un moment super, où je me moque bien de la tête de ma cuisine après, on est là avant tout pour s’amuser.

D’où puises-tu ton inspiration?

J’évite de puiser je crois. A trop regarder ce qui se fait ailleurs, j’ai la sensation de ne jamais faire aussi bien, et ça a tendance à me miner le moral. J’aime regarder de jolis comptes, mais plus pour moi, pour leur aspect esthétique et si en plus ils partagent les mêmes valeurs que moi je suis conquise, mais niveau famille j’évite de trop regarder. Avec ma confiance en soi qui fait le yoyo, c’est rarement une bonne idée. Ou alors ça sera de façon très ponctuelle. Du coup je m’inspire dans ce qui m’entoure déjà. Et étant quelqu’un de cyclique je fait résolument les mêmes choses, sans que ça m’ennuie ou me dérange.

Quel est ton top 3 des livres pour Enfants?

Je vais donner le top actuel (il change tout le temps il faut dire), mais à la maison on adore : Petit Arbre aux éditions Circonflexe, un album sur le changement des saisons et un arbre qui ne veut pas perdre ses feuilles; Pas touche aux éditions Gauthier Languereau, un album sur la préparation de provisions d’automne de deux petits écureuils radicalement différents; Jules et le renard aux éditions Ecole des loisirs, un album plein d’humour sur l’entraide et le cycle de la vie.

Quel est ton livre/podcast préféré du moment?

En ce moment j’écoute beaucoup Josée-Anne SC qui est très inspirante, douce et motivante. Et mon livre du moment serait un album, celui de chez la Martinière, Secrets de sorcière de Julie Légère et Elsa Whyt.

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Merci Margaud pour ce bel intervieuw! Vous pouvez la suivre via Instagram _@margaudliseuse, sa chaîne Youtube ou son blog.

2019-12-13T22:24:26+00:00 13. 12. 2019|Belles rencontres|0 Commentaire

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