Maeva: l’école à la maison avec la pédagogie Charlotte Mason

Maeva: l’école à la maison avec la pédagogie Charlotte Mason

Cette année je vous ai déjà parlé de l’instruction en famille que nous pratiquons avec nos enfants depuis leur naissance. J’avais envie de me pencher davantage sur ce sujet et vous faire découvrir autrement l’approche pédagogique de Charlotte Mason, une enseignante britannique qui a fondé une pédagogie formidable, respectant le rythme et la personnalité de chaque enfant. J’aime tout particulièrement sa volonté d’offrir aux enfants une nourriture intellectuelle riche et très vivante, encourager le lien avec la nature et voir l’éducation comme une vie.

Dans cet article je vous propose de rencontrer Maeva, maman de 3 enfants instruits en famille depuis 2015 et une fervente admiratrice de Charlotte Mason. Maeva est également traductrice des livres de C.Mason, Géographie élémentaire, avec cartes et illustrations et de C.C. Long, Géographie physique. Sur son blog, elle partage des articles destinés à expliquer la pensée et les méthodes de C.Mason et témoigne de la façon dont elle les utilise avec succès dans son foyer.

J’espère que cette belle rencontre vous plaira et je vous souhaite une agréable lecture.

Peux-tu te présenter?

Je m’appelle Maeva, j’ai 31 ans, je suis mariée et j’ai 3 enfants qui grandissent sans école depuis 2015 : Keyo 10 ans, Oléia 5 ans et demi et Loueï 3 ans. Je suis également chercheuse en éducation, en particulier en ce qui concerne la pédagogie Charlotte Mason, blogueuse, auteure et je conçois et développe des outils pédagogiques.

Quel est ton parcours?

J’ai vécu à Paris jusqu’à mes 20 ans, j’ai fait des études de commerce mais ça ne me plaisait pas trop. Mon amoureux à l’époque, fraichement rencontré depuis quelques mois, est allé vivre dans Les Landes pour des raisons professionnelles. L’année d’après, alors que j’avais été prise dans une filière universitaire qui me tenait à cœur, j’ai tout lâché pour le rejoindre.

Quelques mois plus tard, j’étais enceinte et comblée de ce bébé à naître. Je n’avais pas de situation stable, pas de travail, pas de chômage et j’ai commencé ma maternité dans une tempête sismique mais j’ai repris pied et trouvé un travail de Chargée de communication. Je le suis restée pendant 4 ans, même quand nous sommes revenus sur la région parisienne.

Ensuite, quand ma fille est née en 2015, j’ai su que je ne pouvais pas retourner à mon ancienne vie. J’ai profité d’un nouveau déménagement à Strasbourg pour démissionner et de la naissance de ma fille pour prendre un congé parental. A ce moment-là, plein de choses se sont bousculées, nous avons commencé l’instruction en famille et j’ai eu envie de reprendre mes études.

C’est alors que j’ai fait une année de sociologie, puis deux ans après, alors que nous habitions près de Nice, une année de Sciences de l’éducation. Nous avons beaucoup déménagé car mon mari était joueur de rugby à l’époque. De Nice, nous avons déménagé au Bassin d’Arcachon où nous vivons depuis l’été 2019 mais peut-être plus pour très longtemps… On va finir par acheter un camping-car!

 

Tu es traductrice des livres de Charlotte Mason et je te remercie de faire découvrir son œuvre pour les francophones. Qu’est-ce que cela procure en toi de faire partie d’un si beau projet collectif?

Lorsque je dézoome ma vie et que je prends de la hauteur, je me rends compte à quel point les choses changent. Au début de notre école à la maison, j’avais une piètre image de Charlotte Mason. Trop guindée, trop sérieuse, trop hautaine même. Et c’est fou de me dire que maintenant je l’adore et je participe à développer sa pédagogie ! J’avais une mauvaise image d’elle parce qu’en fait je ne la connaissais pas, j’ai lu des choses sur des blogs qui ont eux-mêmes lu sur des blogs, etc… on obtient au final une version abrégée et subjective des idées de cette grande dame.

Lancer la traduction collective avait vraiment comme but de donner à chacun l’accès à l’information brute, parce qu’on ne peut pas se faire notre propre idée si ce sur quoi on se base est une information de seconde ou troisième main.

Moi-même, sur mon blog, je m’approprie sûrement ses idées, même si j’essaie d’être la plus objective possible, c’est très dur !

En fait, j’ai juste hâte que l’on avance. Je suis contente que d’autres femmes m’aient suivies dans ce projet et chaque aide a été précieuse. Actuellement, nous en sommes à l’étape de relecture principalement, c’est long mais nécessaire car si l’on veut quelque chose de parfait à l’arrivée il faut savoir prendre le temps de bien faire. Je suis hyper reconnaissante de ne pas être toute seule car je ne suis pas traductrice de base, ni bilingue mais j’ai le cœur et l’enthousiasme… Et je ne suis pas la seule 🙂

Comment t’organises-tu au quotidien pour concilier ton travail et l’instruction en famille de ta petite tribu adorable?

Niveau organisation, j’ai davantage de temps depuis que ma dernière joue beaucoup seule. Le matin est réservé au temps de travail mais l’après-midi est libre donc soit on sort, soit je travaille. Et si je peux avancer le soir, je le fais aussi. Dès que j’ai une minute, j’avance, même si ce n’est pas grand chose. J’essaie de rester focalisée sur les choses importantes et ne pas me disperser. Je fais comme je peux, je n’ai pas vraiment de relais mais les enfants ont appris à s’occuper et rien de magique, j’avance petit à petit.

Comment définirais-tu ton type de parentalité?

Je pense que ma parentalité a beaucoup évolué depuis que je suis devenue maman et que cela continuera encore. Aujourd’hui, je pourrai la définir comme instinctive.

J’essaie de m’écouter, de sentir ce qui me semble bien et ce qui ne l’est pas, j’essaie d’être à l’écoute de ce qui me met en colère, me fait peur, me fait douter, ce qui me rend heureuse aussi. J’accueille toutes les émotions qui viennent avec chaleur et bienveillance. Je ne me pose plus autant de questions qu’avant, il m’arrive d’être sévère mais j’ai appris à faire confiance à ce tempérament quand il se présente. Il est peut-être plus éclairé que je ne le pense et répond au meilleur de moi-même, au meilleur de ce que je peux donner à ce moment-là. J’essaie de considérer les autres comme cela aussi, avec le moins de jugement possible, les accueillir comme ils sont.

Actuellement, je suis peut-être moins disponible pour mes enfants car mon activité a pris de la place mais je vois cela comme quelque chose de normal et comme un moment suspendu dans le temps car tout peut changer.

Je vis une parentalité de confiance, je cherche à calmer les doutes, à calmer les sensations de culpabilité. On n’atteint pas toujours l’image idéale, on se dit qu’on a trop crié, dit des mots durs, on s’est égaré… mais on a aussi rit avec eux, joué avec eux, on a été là chaque jour pour les embrasser le matin, leur lire une histoire le soir, les rassurer quand ils en ont eu besoin, leur sourire, les encourager… On a été là pour faire une session cinéma pop-corn-massage-bougies quand on sentait que c’était nécessaire, on a alterné pizzas et choux de Bruxelles, on leur a fait des bisous sur les bobos, on a fait partir leurs cauchemars, on leur a tenu la main sur le muret du trottoir, bref on a été là pour eux chaque jour, parfois plus que d’autres, mais on a été là, inébranlable, sans jamais faillir à notre rôle de les protéger, de les nourrir, de les tenir au chaud et leur permettre de dormir en sécurité.

Bref, ce que je veux dire par là c’est que je relativise beaucoup aussi vis-à-vis de cette question de la parentalité parce qu’elle est mouvante, selon l’époque, selon la culture. Et puis on a tous notre histoire donc on a tendance à réagir en fonction de celle-ci.

C’est important de temps en temps d’explorer d’autres points de vue… En bref, j’essaie de prendre du recul et me focaliser sur ce qu’on donne de mieux.

Je pense que nos enfants sont des éponges et que regretter, culpabiliser, être indécis n’est pas la meilleure image à donner. Mais persévérer, se remettre en question tout en gardant la foi, se réconcilier avec soi-même, montrer qu’on n’est pas parfait mais qu’on a des outils pour aller bien, est la voie sur laquelle je chemine.

Le livre qui m’a beaucoup aidé est « L’autorité bienveillante » de Kim John Payne et puis j’ai ma trousse à outils : la sophrologie, les livres de Faber et Mazlish, le yoga, la co-écoute, l’optimisme…

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Dans les premières années de vie de l’enfant, CM suggère de mettre en place des habitudes d’attention, d’obéissance, de vérité et d’ordre. Qu’en penses-tu? Cela rime-t-il avec la parentalité respectueuse de l’enfant dont on entend beaucoup parler de nos jours?

La question des habitudes de Charlotte Mason est si vaste que ça va être difficile pour moi d’y répondre, mais je vais essayer.

Déjà, il faut comprendre l’enjeu derrière ces habitudes. Ce qui distingue une famille d’une autre c’est généralement ses habitudes, et les habitudes découlent des règles et des comportements naturels établis et/ou acceptés dans la maison. On choisit par exemple de laisser nos enfants se laver quand ils le veulent ou on met en place une routine douche avant de dormir le soir. Dans les deux cas, nos enfants prennent une habitude.

Autre exemple, nous parlons d’une certaine façon et nos tics de langage se transmettent. Si nous agissons sur notre façon de modeler notre vocabulaire, sur le fait de supprimer certains mots, c’est bien parce qu’on ne veut pas que nos enfants prennent certaines habitudes.
Ce que je veux dire c’est que peu importe ce que nous décidons qu’il est important pour nous ou pour nos enfants, même quand on croit qu’on ne choisit pas, en fait c’est un choix et cela engendre une habitude de comportement, de pensée, de langage, etc.

Charlotte Mason a établit une liste d’habitudes qui, selon elle, est nécessaire à chaque personne. Gardons en tête qu’elle vivait à l’époque victorienne et relativisons certains points.

Toutefois, pour parler de l’obéissance, il me semble que c’est une habitude importante. Obéir ne signifie pas être soumis et répondre à tout et n’importe quoi, sinon nous sous-entendons que nous, parents, demandons tout et n’importe quoi. Je suis le parent, la vie m’a confiée la responsabilité d’un enfant. Quand je lui demande de me donner la main dans la rue pour traverser et qu’il ne le fait pas, cela peut engager sa sécurité. Par ailleurs, un manque d’obéissance peut créer des troubles importants au sein d’une famille.

L’idée derrière n’est pas de faire de l’enfant un mouton, mais qu’il ait suffisamment confiance en son parent pour l’accepter en tant que guide. A l’inverse, il est tout aussi intéressant de se demander dans quel cas il est nécessaire de désobéir (selon moi, c’est lorsqu’on fait face à des choses qui vont contre les lois de la nature mais c’est un autre sujet).

Si nous n’habituons pas nos enfants à obéir, il y a de fortes chances pour que, le jour venu de leur proposer un temps de travail, cela soit compliqué. Dans le curriculum que j’ai créé à partir des histoires du Père Castor, il y a un fichier sur la formation des habitudes afin de donner des clés à l’enfant mais aussi aux parents pour considérer l’intérêt de chaque trait de caractère. J’aborde le thème de l’obéissance la semaine où nous lisons « Boucle d’or et les trois ours ». L’idée n’est pas du tout de faire la morale, mais d’expliquer qu’obéir ce n’est pas mal, au contraire, obéir nous aide à être en sécurité. Cela nous accompagne également dans les apprentissages de notre vie ; nous rend la vie plus simple et épanouissante ; et nous aide à être gentil et attentionné. Dans le recueil du Père Castor, il y a une autre histoire, celle d’Epaminondas, qui est très obéissant mais qui ne réfléchit pas et il fait plein de bêtises. L’obéissance sans la sagesse se précipite d’elle-même. Et c’est tout le challenge de l’éducation : trouver le juste équilibre.

Prendre l’habitude d’être attentionné c’est la même chose. C’est une qualité importante qui nous permet d’être concentré quand quelqu’un nous parle, de faire preuve de gentillesse et de respect, de comprendre que les autres sont aussi importants que nous…

Charlotte Mason avait vraiment à cœur de donner les meilleurs outils aux enfants pour leur vie entière. Et cela nécessite de poser les bases de bonnes habitudes. Elle le disait à l’époque mais aujourd’hui, la recherche le confirme : nos pensées passent par un certain chemin dans notre cerveau et, spontanément, elles prennent toujours ce même chemin. Quand on fait ou pense quelque chose dans notre vie, c’est rarement volontaire. Et quand on a fait et refait, ou pensé et repensé telle chose plusieurs fois, cela se transforme en habitude.

L’idée derrière tout cela c’est qu’on a le pouvoir d’agir sur nos habitudes. On peut aider nos enfants à mettre en place de bonnes habitudes et leur donner ce secret. Combien de personnes disent : « j’aimerais me lever tôt, faire un peu de sport, manger des fruits, puis écouter de la musique avant de travailler, etc… ». Tout cela ce sont des habitudes que nous n’avons pas pris parce qu’on ne nous les a pas donné et il vient un temps où cela demande un effort que peu de personnes arrivent à faire tellement les « mauvaises » (ou en tout cas celles qu’on ne veut pas garder) habitudes sont bien accrochées.

C’est pareil pour les pensées, on s’habitue à penser telle chose négative ou se dire qu’on est idiot, ou qu’on est peureux, ou que telle personne nous empêche de faire ce qu’on a envie, etc, et ça nous suit toute notre vie.

La vision de Charlotte Mason sur les habitudes n’allait probablement pas avec la maman que j’étais lorsque j’ai découverts l’IEF, j’étais avide de liberté et avais terriblement envie de donner cette pleine liberté à mes enfants. L’expérience s’est révélée beaucoup plus positive quand j’ai décidé d’assumer mon rôle de guide. Parfois, je me demande si je n’avais pas envie de revivre une deuxième enfance, sauf qu’il faut se rappeler que les enfants ont besoin de leurs parents, sinon à quoi servons-nous ? Je veux dire, si les enfants n’avaient pas besoin de leurs parents, la nature nous séparerait rapidement comme c’est le cas chez de nombreux animaux. Mais nous sommes là, et pendant de nombreuses années. Alors pourquoi ?

Après avoir beaucoup réfléchi sur ce sujet, j’en ai conclu que tout est une question de point de vue. Un travail intéressant à faire est de se demander sincèrement pourquoi nous avons un avis mitigé sur tel ou tel « trait de caractère », ou tel mot, ou telle habitude. Souvent, c’est que quelque chose en nous est « titillé » et nous avons besoin de réfléchir là-dessus, et peut-être établir de nouvelles croyances. Nous pouvons utiliser un même mot mais ne pas avoir le même dictionnaire. Personnellement, j’ai revu ma définition de la liberté, j’ai revu la définition du respect, de la bienveillance, de la confiance, et en fait ça colle.

Ce que je crois, c’est qu’il y a des habitudes qui nous facilitent la vie et qu’il y a des traits de caractère qui nous apportent plus de joie que d’autres.

Peux-tu nous parler des livres vivants?

Le premier principe de Charlotte dit que les enfants sont des personnes dès leur naissance. Et ce premier principe est capital car c’est sur lui que repose toute sa philosophie.

Une personne a des besoins intellectuels et moraux, et son esprit est vivant ; il se nourrit tout comme le corps. Sauf qu’en l’occurrence, l’esprit se nourrit d’idées. Il y a toutes sortes d’idées qui peuvent nous nourrir, comme il y a toute sortes d’aliments qui peuvent nourrir notre corps. Sauf que certains sont meilleurs que d’autres. Pour les idées c’est pareil.

Les livres vivants c’est un peu la haute gastronomie des idées. Charlotte Mason dit qu’ils doivent être de forme littéraire avec une langue bien choisie et permettre à l’enfant de se mettre en relation avec un grand nombre de choses et de pensées. En fait, étant donné que l’enfant est une personne tout comme nous adulte, ce doit être un livre qui nous nourrirait autant que lui.

Par ailleurs, les livres vivants sont poétiques et remplissent notre imagination avec des images. On devrait lire aux enfants des histoires qui se déroulent dans différents pays et à différentes époques, leur faire vivre des aventures héroïques. Et cela que ce soit pour les lectures offertes du soir ou de l’après-midi mais aussi pour les leçons.

Des livres qui parlent d’explorateurs pour la géographie, des biographies écrites par des auteurs passionnés pour les leçons d’histoire – voire mieux par des écrivains qui ont vécu à l’époque étudiée afin d’immerger les enfants dans un langage ancien – des livres écrits par des botanistes ou des entomologistes pour les sciences naturelles, etc.

Nous avons besoin de vivre au rythme d’un nombre incalculable d’idées et non pas recevoir des résumés, des textes digérés ou abrégés dont il ne reste plus que les os.

Lesquels sont vos préférés?

Actuellement, nous finissons Rascal de Sterling North et nous l’adorons. Je garde un très bon souvenir aussi de Croc-Blanc de Jack London, j’avais trouvé exceptionnel de se mettre à tel point dans la peau d’un loup.

J’aime énormément ce que tu proposes dans ta boutique! Comment son idée a-t-elle germé dans ton esprit?

Merci beaucoup ! Franchement, les choses sont arrivées petit à petit, je me laisse porter par l’inspiration et mon enthousiasme fait le reste. J’ai beaucoup apprécié les leçons d’étude d’œuvres d’art, puis j’ai découvert le travail de Rebecca du site Humble Place qui propose des études gratuites et payantes, cela m’a donné l’idée de perfectionner mon travail pour le proposer.

Je fournis un travail structuré, je prends du temps pour chercher des textes vivants sur les artistes et sur leur travail, je rédige les descriptions des œuvres… Mon objectif est de donner des clefs et de rendre service, tout en donnant des méthodologies afin que chacun puisse s’approprier ce travail.

Après, c’est souvent en discutant avec des personnes qui n’arrivent pas à toujours bien comprendre comment utiliser cette pédagogie que je me rends compte de ce qui manque.

Par exemple, le curriculum du Père Castor me trottait dans la tête depuis des mois et c’est une amie à la rentrée qui m’a expliqué qu’elle ne savait pas quoi proposer à son garçon de 4 ans. J’ai partagé avec elle mon expérience et elle m’a dit : « Mais je n’ai pas le temps, toi tu es passionnée par ce que tu fais. Crée un curriculum et je te l’achète ! ». Voilà comment ce projet a démarré.

Pour le structurer, j’ai listé tout ce que Charlotte Mason conseillait avant 6 ans et j’ai réfléchis. Je me suis inspirée de supports américains où la pédagogie Charlotte Mason est très développée, notamment le travail de Lisa Wilkinson qui a créé des magnifiques curriculums avec les histoires de Beatrix Potter et de Winnie l’ourson, et puis j’ai fait ce qui était important selon moi.

Ça a été un travail intense mais vu l’accueil, je ne regrette pas ! Et actuellement, je travaille sur un curriculum pour les 6-8 ans. Bon et puis j’ai toujours plein de projets, les études de la nature par exemple et d’autres choses encore. Je m’inspire principalement de nous finalement, de notre façon de faire l’instruction en famille et l’expérience qui en découle.

Tu nous racontes votre journée type?

Généralement, on se lève tous entre 7h30 et 8h30. Je laisse les enfants jouer tranquille ou lire, pendant ce temps je prends une douche et m’habille puis je commence à préparer le petit-déjeuner. A ce moment-là, je les préviens et ils savent qu’ils doivent s’habiller avant le repas. Mon grand me donne toujours un coup de main, pour ranger la vaisselle et mettre la table. Et les filles aident en pliant le linge qui a séché pendant la nuit.

Ensuite, on prend le petit-déjeuner, la plupart du temps un repas salé comme des légumes sautés avec des saucisses ou des œufs cassés dessus. Ensuite, tout le monde fait un brin de toilette et les enfants vont courir un peu dans le jardin si le temps le permet, vérifier que nos poules ont assez de graines ou leur donner de l’eau propre…

Vers 10h, on commence à travailler tous ensemble. On suit un planning que j’ai préalablement réalisé, de cette manière tout le monde sait ce qu’il a à faire.

A midi, nous avons terminé et nous prenons un déjeuner simple en mode pique-nique ou repas chaud rapide. Après c’est temps libre ! Si nous n’avons pas de sortie programmée, les enfants vaquent à leurs occupations et moi aux miennes. Il n’est pas rare que mon grand prépare des crêpes pour le goûter ou alors c’est moi qui fait quelque chose. Les filles jouent dehors. Nous avons un trampoline qui est le meilleur cadeau qu’on leur ai fait 🙂 Et nous vivons dans un hameau où il y a d’autres enfants donc les mercredis, week-end et vacances, les enfants jouent avec leurs amis.

Mon mari rentre en fin de journée, on prépare le dîner vers 17h30-18h. Pendant ce temps, les enfants vont prendre une douche et se mettre en pyjama. On dîne tous ensemble, puis brossage des dents et au lit. On leur lit des histoires, généralement un ou deux albums illustrés puis la lecture offerte du moment.

A 21h, à cette époque de l’année, les enfants dorment. Mais en été, on peut être un peu plus décalé. On a davantage la possibilité de vivre en accord avec notre horloge biologique. Et puis après c’est le temps des parents ou un temps solo si le parent qui couche les enfants s’est endormi avec eux, ce qui arrive assez souvent quand même ^^

Quelle est ta façon de t’épanouir en tant que femme et maman?

Alors je ne me suis jamais sentie deux à l’intérieur de moi. Je suis Maeva et je suis devenue maman. Je ne me sens pas moins femme quand j’ai des cernes sous les yeux et que cela fait deux jours que je n’ai pas eu le temps de prendre une douche ^^

Si je me sens fatiguée, c’est qu’il faut je prenne soin de moi, mon corps d’humaine me le réclame. Mais au quotidien cela passe par des choses simples : une bonne nourriture, un bon sommeil, un rythme tranquille, des sorties régulières au grand air.

Je sens que j’ai besoin d’avoir du temps pour mon activité et parfois pour être seule avec une amie, mais j’arrive à faire beaucoup de choses avec mes enfants, on vit ensemble sous le même toit et nous avons chacun nos activités, certaines sont individuelles, d’autres collectives.

Pour m’épanouir tout court, j’ai besoin de me sentir bien dans mes relations avec mes proches, j’ai besoin de sentir que je gère les différentes tâches domestiques, mais que je n’en suis pas prisonnière non plus.

Et mon travail est une extension de ce que nous sommes, il est lié à mes enfants, sans eux, je ne me serai pas intéressée à la pédagogie Charlotte Mason, donc je me sens épanouie quand je sens que tout est équilibré et harmonieux, que j’ai pris le temps de faire ce qu’il y avait à faire, d’étudier et d’écrire mais aussi d’avoir passé un temps vraiment connecté avec mes enfants.

Quelles sont tes activités de reconnexion en famille préférées?

Nos soirées sushis faits maison en regardant un film tous ensemble dans le salon ! Ou alors quand on met la musique très fort et qu’on danse comme des fous.

Nos temps de travail sont des bons moments de connexion également (jusqu’à la grammaire ^^)

Quand je leur lis un livre le soir avant de dormir et qu’ils sont pendus à mes lèvres.

Quand on va faire une grande balade juste nous, que nous arrivons dans un grand espace extérieur qui nous permet d’être ensemble tout en nous sentant seul.

Quand on se fait une soirée massage après un bon bain chaud. A la lumière des bougies, avec la chaleur de la cheminée, j’apprécie qu’ils se relâchent complètement avec une musique calme en fond et qu’on prenne soin de chacun de nous, l’un après l’autre.

D’où puises-tu ton inspiration?

Il y a beaucoup de blogs anglophones qui m’inspirent, des blogs de référence comme Charlotte Mason Poetry, Ambleside Online ou Simply Charlotte Mason. J’aime beaucoup aussi le blog After Thoughts, mais aussi Heritage Mom, Charlotte Mason City Living ou encore celui de Min Jung Hwang qui rend la pédagogie Charlotte Mason beaucoup plus ouverte à chaque famille.

C’est vraiment quelque chose que j’investis en ce moment, mais je le fais à mon rythme, car c’est très important. Montrer qu’on n’a pas besoin de vivre à la campagne ou d’écouter Mozart pour mettre en place la pédagogie Charlotte Mason, ou même de bien gagner sa vie. Au contraire, tout comme Pestalozzi qu’elle admirait tant, elle voulait que sa philosophie soit au service des classes sociales les plus défavorisées. C’est cela qui donnait un sens profond à son travail.

Quel est ton livre/blog/podcast préféré du moment?

En ce moment, là maintenant, tout de suite ?! Je rattrape mon retard sur tous les mini-podcast d’Hello Maman. C’est assez court et la voix de Charlotte est vraiment douce, c’est la petite pause de 5 minutes parfaite !

Aurais-tu un petit mot à ajouter?

Ay, Caramba ! Non plus sérieusement, merci !

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Photo by Annie Spratt on Unsplash



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