Cléa: être soi tout simplement

Le printemps s’approche à grand pas et j’ai envie de le célébrer avec ce nouveau billet dédié à la pétillante, optimiste et inspirante Cléa, une jeune Parisienne à haut potentiel et à l’intelligence émotionnelle forte qui ne se définit pas avec une seule étiquette. Elle a accepté de nous faire découvrir quelques casquettes qui façonnent sa vie.

Peux-tu te présenter?

Bonjour, je suis Cléa, j’ai 23 ans, j’aime beaucoup les ratons laveurs.

Quel est ton parcours?

J’ai un parcours qu’on appelle parfois « atypique ». Mais plus le temps passe, plus je me dis que nos parcours nous ressemblent et ont la couleur qu’on veut bien leur donner. J’ai eu mon Bac scientifique à 16 ans et j’ai commencé les études supérieures avec une hypokhâgne et une khâgne en lettres classiques. Toute la difficulté d’avoir un haut potentiel est de réussir à gérer une intelligence « de connaissance » parfois complètement à côté de l’intelligence émotionnelle. J’ai  commencé à vivre seule à 16 ans, pour être plus proche de mon lieu d’études. La solitude, la vie d’adulte et la prépa ont eu raison de moi et au milieu de ma deuxième année, j’étais dans un état dépressif et auto-destructeur avancé. C’était vraiment très dur de ne plus être une ado, mais de ne pas être tout à fait adulte non plus sans avoir pour autant les avantages de l’un ou de l’autre. J’ai tout quitté à 18 ans et en deux semaines j’ai pris la décision de laisser ma vie derrière moi et de partir en Finlande. J’y suis restée plusieurs mois en tant que jeune fille au pair, dans un ranch sous la neige. Puis j’ai profité du reste de l’année pour me retrouver dans le voyage. J’ai été bénévole dans un centre de secours aux tortues de mer en Italie, animatrice dans un camping en Ardèche. Bref, n’importe quoi tant que c’était loin des grandes villes et des mauvaises habitudes. En rentrant sur Paris, je suis entrée en école de management numérique où je suis restée 5 ans pour faire mon master. J’ai lancé mon auto-entreprise au même moment et elle a toujours bien fonctionné depuis. En troisième année, j’ai fait un Erasmus en Australie et j’ai passé ma formation théorique d’hypnothérapeute au Québec avant de finir mon stage pratique sur Paris. J’ai mené les deux diplômes de front et j’ai été diplômée en hypnothérapie un an plus tard. On peut donc dire que je suis hypnothérapeute et consultante en storytelling et en SEO (*l’acronyme de Search Engine Optimization, en français ce terme est désigné par le « référencement naturel »). J’ai la chance de pouvoir combiner mes deux métiers avec beaucoup de liberté et de passion.

Adulte à haut potentiel, penses-tu d’être une « force fragile » ou plutôt une « force tranquille »?

Les deux. Je suis à la fois très tranquille et très fragile. Mais je sais que ma fragilité est aussi ma force. J’ai appris à vivre avec. Il y a plein de choses que je ne peux pas faire et pour lesquelles je ne me force plus. J’ai du mal à supporter l’intensité sociale et j’ai parfois des réactions bizarres. Mais c’est OK. En fait, à partir du moment où tu ne cherches plus à entrer absolument dans une case, je pense que tout va plus vite. La vie est pleine de raccourcis qu’on n’ose pas forcément prendre parce qu’on les dirait plein d’épines. Je ne vois pas les épines. Du coup, j’avance bizarrement avec une force fragile et tranquille. Mais ça marche!

Comment vis-tu/t’organises-tu avec une très grande soif d’apprendre?

C’est TRÈS difficile, haha. Non, en vrai, je m’ennuie très vite et j’ai toujours besoin d’apprendre de nouvelles choses. Après, on a la chance de vivre à une époque où avec les cours en ligne, de nombreux savoirs sont à portée de main. On peut même passer des licences ou des masters à distance avec le CNED. J’aime être libre de mon temps et de mes semaines, j’ai la chance de pouvoir télétravailler souvent et de choisir mes horaires, ce qui m’apporte beaucoup. Du coup, je m’organise de façon à pouvoir toujours garder une part de liberté dédiée à la connaissance. Et puis, j’aime voir les choses sur le long terme. Oui, j’avoue j’ai parfois des lubies de connaissances qui ne servent à rien. Par exemple, j’ai envie de passer mon master de FLE (*français langue étrangère) parce que je trouve ça très drôle et que ça me plaît. Si je compte l’utiliser dans les prochaines années ? Pas vraiment, non. Mais la magie, c’est peut être juste d’apprendre pour apprendre et de voir ensuite dans quoi l’utiliser. Chaque domaine peut être une source d’apprentissage. La cuisine, le bricolage, le camping sauvage. Tout est source d’apprentissage et l’apprentissage est bénéfique. En tout cas, c’est comme ça que je le vois.

Tu envisages d’œuvrer pour les naissances respectées et accompagner les femmes en tant que doula, peux-tu nous en dire un peu plus?

Je ne comprends pas moi même mais je sais au fond de moi que c’est là que je dois aller et ce que je dois faire. Cela m’a demandé beaucoup de courage d’oser verbaliser ce désir. Parce que syndrome de l’imposteur, parce qu’impression qu’on est pas légitime. Et blablabla. Et pourtant. Si quand tu parles de quelques chose, tout ton cœur te hurle « OUI. Va là bas. Va là bas. » – c’est qu’il faut y aller. Il n’y a presque pas à réfléchir. Souvent, ça marche.

Quel était ton déclic vers un cheminement responsable (alimentation, réduction des déchets, minimalisme)?

En Finlande j’ai vécu dans un ranch quelque part près de la frontière russe. Il faisait -30°C. Et autant dire que la superficialité parisienne n’y avait absolument pas sa place. Cela m’a fait beaucoup de bien. Je me suis rendue compte que j’avais tout à gagner à être plus connectée à mes ressentis. Le véganisme est venu assez naturellement puis tout le reste a suivi. Le zéro déchet, le minimalisme, la remise en question en fait. A partir du moment où tu te poses des questions, tout est modifiable. Et c’est facile de changer quand tu es jeune adulte, dans un processus de reconstruction.

Quelles sont tes activités de reconnexion préférées?

Camper. Je suis cheftaine scoute chez les Éclaireurs de la Nature et ça fait beaucoup de bien de dormir sous tente. Lire un bon livre. Aller en studio pour faire du yin yoga. Passer des heures au hammam ou au sauna. Organiser ou participer à des cercles de lune. Aller courir le matin au réveil. Imaginer la fin du monde avec mon amoureux et se dire que plus rien n’a d’importance.

D’où puises-tu ton inspiration?

De la musique qui passe, des gens qui m’entourent. Je suis persuadée qu’on est la somme des gens qui nous entourent et qu’avoir un entourage inspirant contribue à amener plus d’inspiration dans sa vie. Puis les rêves fous aussi. Ceux qui ont l’air inaccessibles ou étranges. Il faut juste leur tenir la bride et les suivre. Ils savent où t’emmener. Puis quand vraiment mon énergie est à plat, voyager, changer d’air, l’espace de quelques jours, semaines ou mois, respirer un air différent, ça fait beaucoup de bien.

Quel est ton livre/podcast préféré du moment?

En ce moment j’écoute Earth is Hiring, un superbe livre.

Aurais-tu un petit mot à ajouter?

N’hésitez jamais à entrer en contact avec des gens via les réseaux sociaux. C’est un vrai conseil. Je ne compte pas le nombre de rencontres fabuleuses que j’ai pu faire grâce à Instagram.

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Merci Cléa pour ce bel interview frais et inspirant. Vous pouvez retrouver Cléa via son blog, sa chaîne Youtube ou sa page Instagram @dreamingraccoon où elle nous parle beaucoup de développement personnel, mais aussi de green lifestyle, de sexualité et féminin sacré et de recettes de cuisine véganes!

Crédit photos  –  Annie Spratt via Unsplash

2020-03-03T00:27:53+00:00 3. 3. 2020|Belles rencontres|0 Commentaire

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