Vivre une belle grossesse au ralenti

Porter la vie dans son sein est une expérience unique. C’est également une occasion sans pareil pour apprendre à ralentir, à s’écouter et à se protéger de toute nocivité potentielle. Si ma première grossesse a eue lieu à une période de ma vie qui fut assez stressante, la grossesse que je vis aujourd’hui correspond parfaitement à mon rythme et à ma façon d’être. Malgré toutes les difficultés extérieures rencontrées lorsque je portais la vie pour la première fois, j’ai su me préserver autant que possible grâce au soutien de mon conjoint qui m’a épaulé, protégé et soutenu à chaque instant de cette période si particulière. Aujourd’hui, je porte la vie à nouveau, mes journées ne sont pas rythmées de la même façon puisque j’ai déjà un enfant qui occupe entièrement mon quotidien, ce qui n’est pas de tout repos chaque jour. Toutefois, la vie au ralenti reste notre maître mot. J’aimerais partager mon retour d’expérience avec toutes les futures mamans, futurs papas et leur entourage qui liront ce billet.

Rester à l’écoute

Mes grossesses m’ont appris à m’écouter, à me faire confiance et à être attentive à mes perceptions en relation avec mon corps, mon esprit et mon entourage. J’ai très vite compris que mon corps ne m’appartenait plus pour une durée déterminée et que je devais faire en sorte que cette co-habitation se passe au mieux. J’ai appris à calmer le rythme, à ralentir, à me poser et à me reposer sans ressentir la moindre culpabilité. J’ai aussi appris à refuser sans me justifier, à dire « non » sans regrets ni frustration à mes propres attentes mais aussi à celles des autres. Cela n’a pas toujours été facile, mais l’enjeu était plus important que le regard d’autrui sur moi, mon mari et notre famille. Nous avons du nous préserver et nous protéger des situations et des relations toxiques, en expliquant posément notre position à l’entourage, sans forcément être compris par tout le monde, mais sereins et en accord avec notre choix. Cela nous a grandement apaisé et nous a permis de mener à bien une grossesse qui a débuté dans des conditions anxiogènes qui ont causé beaucoup de maux psychosomatiques chez moi, hypersensible de nature. Note à l’entourage: ne sous-estimez pas la tâche qui incombe à la future mère, faites preuve de compréhension et de sororité, essayez de ne pas juger.

Pratiquer une activité apaisante

C’est un excellent outil pour se recentrer sur soi-même, mieux percevoir son nouveau corps et créer un lien avec son enfant à naître. Marcher dans la forêt, respirer, faire du yoga, nager, tricoter, s’allonger au calme, écrire, dessiner, chanter, méditer, lire, passer du temps entre ami(e)s et bien d’autres façons de se faire du bien, à chacune de trouver celle qui lui correspond! Pour ma part, mes grossesses m’ont permis de retrouver ma créativité à travers la peinture, l’écriture et le tricot – j’ai appris à tricoter en me disant que ce serait chouette de pouvoir fabriquer des jolies choses pour mes enfants. Ces petits moments simples sont nécessaires pour apaiser l’esprit, pour se ressourcer efficacement et se retrouver avec soi-même. Aujourd’hui je privilégie des activités douces avec ma fille, nous nous promenons dans la nature, nous dessinons, nous lisons et faisons des activités manuelles. Tous ces moments nous permettent aussi de profiter pleinement de ces derniers mois avant l’arrivée du futur bébé.

Choisir un accompagnement adapté

Je ne regretterai jamais la décision d’être suivie par une sage-femme libérale de A à Z et non plus par une gynécologue comme c’était le cas lors de ma première grossesse. La façon d’écouter, de percevoir le corps de la femme et de travailler avec ne sont pas du tout les mêmes. Une sage-femme est celle ou celui qui « connaît les femmes », l’étymologie dit vrai. J’ai pris mon temps de trouver la personne qui me correspondait et j’en suis ravie. Je ne regrette absolument pas une heure de trajet que je dois effectuer pour mon suivi mensuel et pour mes cours de préparation à l’accouchement. Cette fois-ci nous avons planifié ces séances en fonction de notre projet de naissance et de nos besoins, en choisissant différentes techniques de préparation à l’accouchement: la sophrologie et la méthode Bonapace. Durant ma première grossesse j’ai fait une préparation mixte: j’ai suivi une partie des cours dans ma maternité et l’autre partie avec une sage-femme libérale que j’ai rencontré lorsque j’étais hospitalisée à domicile durant mon troisième trimestre. Ce fut une belle expérience mais pour cette grossesse j’ai choisi de ne pas suivre le même chemin que la dernière fois.

Prendre du temps pour soi

Ce geste simple est ô combien important pour éviter toute sorte d’épuisement. S’accorder un petit instant au calme peut apporter un réconfort énorme. Ce n’est pas toujours évident, surtout quand on a déjà des enfants. Toutefois, il est toujours possible de revoir ses priorités, mettre en place une organisation différente, solliciter son conjoint ou son entourage pour se réserver la possibilité d’avoir des petits créneaux réguliers et pouvoir se ressourcer à sa façon. Je m’accorde une fois par semaine une matinée toute seule à l’extérieur de chez moi: je laisse ma fille et mon mari et je vais me promener, me poser à la bibliothèque ou dans un café et de ne plus être «la maman» ou «l’épouse de», mais juste moi, Catherine, cela fait un bien fou! Se poser pour lire un livre ou écouter un podcast, se faire masser, savourer une tasse de thé pleine de saveurs, prendre un bain relaxant au sel d’Epsom ou à l’arnica, se faire un gommage – ce sont des petits gestes simples et doux qui nous aident à nous extirper de nos journées et semaines chargées aussi physiquement que mentalement.

Apprendre à déléguer

C’est pas toujours évident à admettre, mais la maison ne va pas s’écrouler sans l’intervention ponctuelle de la maîtresse des lieux. Laisser son conjoint (ses enfants, une femme de ménage ou une amie bienveillante qui souhaite donner un coup de main) gérer les repas, les lessives, le ménage etc., est l’occasion de s’accorder le temps nécessaire pour se reposer, prendre du temps pour soi et prendre soin de soi pour pouvoir ensuite prendre soin des autres. Les choses ne seront peut-être pas faites comme on en a l’habitude, mais cette imperfection a ses avantages qui sont loin d’être insignifiants dans le quotidien d’une femme qui se prépare à donner la Vie. Ne pas refuser d’être aidée, épaulée, dorlotée, écoutée, accepter sa fragilité du moment, lâcher prise… La grossesse est le moment idéal pour apprendre à le faire!

2020-05-07T00:32:46+00:00 3. 2. 2019|Slow Life, Vie de famille|0 Commentaire

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