Tatjana: les bonheurs les plus simples sont les plus doux

Tatjana: les bonheurs les plus simples sont les plus doux

Aujourd’hui je vous propose de découvrir Tatjana, une jeune maman hypersensible et extrêmement inspirante qui partage avec nous sa vision de parentalité porteuse d’un message fort, engagé et plein d’espoir.

Peux-tu te présenter?

Je m’appelle Tatjana, j’ai 25 ans, je suis maman d’une petite fille de 5 ans. Un peu cabossée part ce monde effrayant mais pleine d’espoir et de positivité pour ce monde qui divague.

Quel est ton parcours?

Hypersensible, reconnue depuis peu, le chemin fut sinueux, à fleur de peau continuellement, d’un extrême a l’autre, je me prend de passion, pour le bien-être, je saisis les occasions qu’on me propose, faire des soins du corps, en institut (massage pierre chaude, mains, avec appareils) qui soignent le corps et l’esprit, cela va de paire.  Mon parcours de femme est plutôt compliqué, très vite sexualisé et dévalorisé part le monde qui nous entoure. Il est difficile d’avoir les bonnes cartes en mains et ce construire avec assurance. Mais avec le temps on apprend. Arrivée à l’âge adulte je deviens maman, beaucoup trop jeune et beaucoup trop tôt pour mon entourage. Et pourtant ce petit être je l’aime depuis toujours, comme une évidence, comme si elle a toujours été avec moi.

On dit souvent que le fait d’avoir une double culture est un atout dans la vie. Qu’en penses-tu? Qu’est-ce que cela t’apporte en tant que maman?

Je suis issue d’un couple plutôt atypique, maman allemande et papa réunionnais, plutôt surprenant je l’entends, tellement que l’un de mes arrière-grand-pères maternels ne voulait pas me rencontrer… Le fait d’être issue d’une famille multiculturelle m’a permis d’être à mille lieux de la « différence ». Ma mère blanche et mon père à la peau mate n’étaient pas une source de questions, le monde extérieur me paraissait certes de multiples variétés mais aucunement un problème, où je ne faisais aucune discrimination envers les différences, cela était une normalité pour moi. Aujourd’hui cela me permet de transmettre à ma fille la tolérance, l’écoute, l’empathie et la force. L’empathie et la force d’être capable de la tolérance et d’écoute même si une personne a des propos discriminatoires envers une autre personne ou une situation, écoutons ses arguments et son expérience de vie. Après tout, peut-être qu’elle a ses raisons, peut-être que nous pouvons exprimer les nôtres également et semer une graine de réflexion. Mais aussi l’empathie et la force dans ce que l’on peut apporter à notre prochain, à notre Terre et à nous-mêmes. Cette force d’hypersensible, cette force de culture, cette force de vécu, cette force de femme, cette force d’enfant, cette force qui briserait des montagnes pour une cause qui nous est chère.

Comment définirais-tu ton type de parentalité? Quel était ton déclic pour l’accompagnement respectueux de l’Enfant?

J’ai mis du temps à me mettre cette étiquette / ce titre de mère, pourtant le rôle je l’incarne et le vis depuis la naissance de ma fille. L’instinct était présent dès le départ – c’est mon bébé, il faut être à son écoute. Alors j’ai vécu à son rythme et cela coulait de source. Toujours à l’écoute de ses besoins, et en grandissant certaines situations et besoins ce sont compliqués suite aux particularités de ma fille. Malgré l’incompréhension de mon entourage, la pression de la société et mon état d’anxiété, j’ai gardé ce cap, respectueusement et à l’écoute.

Je n’ai pas de « type » de parentalité, celle qui s’en rapproche le plus serait la parentalité instinctive. Je fais en fonction de mon enfant, ce n’est pas bourré de critères, mais plutôt un état d’esprit afin de prendre en mains notre état « naturel », c’est à dire, retrouver son instinct, écouter ses intuitions et également son enfant, lui faire confiance, communiquer dès son plus jeune âge, mettre de côté la société et la négativité qui nous entourent, être unis parent et enfant.

Avoir, un enfant c’est plein d’étapes importantes pour nous les parents mais aussi pour nos petits  en plein apprentissage de la vie. Ce chemin devrait être parcouru non pas le plus parfaitement mais le plus sereinement possible, avec de l’aide part moments, mais surtout en étant à l’écoute de soi-même, de son partenaire et de son enfant. Pour que ce petit être puisse devenir grand, épanoui et heureux. Si l’erreur est humaine pour un adulte, elle est encore plus pour un enfant en plein apprentissage de la vie, alors les punitions, les humiliations et les serments ne sont pas nécessaires. Je dirais qu’un cadre avec un accompagnement quotidien, rempli d’amour, d’échanges, d’écoute, d’explications, de respect et d’exemple est suffisant.

Tu accompagnes une merveilleuse petite fille atypique. Si tu devais t’adresser à d’autres parents qui sont dans le même cas, qu’est-ce que tu leur dirais?

Je leur dirais que le chemin et certes long, semé d’embûches mais aussi parsemé des moments magnifiques, et ceux dont on doit se souvenir ce sont surtout ces moments magiques!

J’ajouterais qu’il faut être courageux et forts pour affronter ce monde inadapté à nos petits atypiques, mais qu’en tant que parents vous êtes la clé pour accompagner vos enfants et faire votre part pour le changement de cette société. En soutenant et en partageant votre expérience avec les autres parents d’enfants atypiques, puisque c’est certain que ce n’est pas le monde autour de nous qui nous guidera.

Ce n’est pas votre enfant, qui présente un « problème », mais cet environnement qui s’effraie dès qu’une différence pointe le bout de son nez. Sachez également que tous les parents ont des difficultés avec leurs enfants, vous avez raison d’écouter votre intuition, de faire confiance à votre enfant, d’être à son écoute. Je dirais également que rien n’est insurmontable, que vous devez prendre soin de vous pour subvenir aux besoins de votre enfant et pouvoir lui apporter du temps de qualité. Qu’il faut s’armer d’énormément d’amour et de patience, que tout le monde ne vous comprend pas mais que ce n’est pas grave. Vous faites au mieux et c’est formidable!

Vous êtes des héros du quotidien qui ont développé des nouvelles capacités: vous savourez chaque détail de votre environnement – ses bruits, ses ondes, ses courbes, ses odeurs, le ciel, la nature, l’architecture, les animaux. Vos sens sont en éveil, votre esprit s’agrandit et se libère de ce monde si brutal et irrespectueux. Vous savez appréhender, décortiquer, simplifier, expliquer, patienter, improviser, s’adapter à chaque bruit, chaque texture, chaque changement, chaque endroit, chaque personne et j’en passe…

Soyez fiers, votre enfant vous a fait devenir une personne unique et meilleure. Puis, vous n’êtes pas seuls, je suis également là.

Peux-tu nous parler de ton expérience du maternage proximal?

Nous avons pratiqué le cododo lorsque ma fille était encore une nouveau-née puis vers ses six mois elle a commencé à dormir dans sa chambre. Il y a eu une période « calme » ou les nuits étaient paisibles, puis cela était devenu compliqué. Étant exténués et observant que ce n’était pas pour notre fille, nous avons remis le cododo en place et c’est toujours actuel. Pour ce qui est du portage, malheureusement je n’étais pas assez informée pour avoir pu l’utiliser, mais j’ai des bras solides aujourd’hui! Nous signons également avec elle pour vaincre l’écholalie (répétition automatique des paroles ou chutes de phrases de l’interlocuteur) et mettre en place un langage fluide et complet avec la ponctuation des phrases, les repères dans le temps…

Quelle est ta façon de t’épanouir en tant que femme et maman?

J’essaie d’être moi-même, de prendre confiance en ma personne, mes convictions, mes envies, comprendre ce que j’aime ou ce je n’aime pas. J’essaie d’être la plus authentique possible, fidèle à mes convictions, ouverte d’esprit et respectueuse de ce qui m’entoure. La méditation, le yoga, l’apprentissage d’autres cultures, l’environnement sauvage et animal sont mes sujets de prédilection.

Quelles sont tes activités de reconnexion en famille préférées?

Être tout simplement ensemble, partager un moment simple. C’est pour cela que j’affectionne particulièrement le Dimanche où nous sommes tout les trois et la journée tourne au ralenti autour de nous seulement.

Où puises-tu ton inspiration?

De l’univers, de ma fille et de mon expérience. De mon expérience, en tirant des leçons de mon vécu et de mon passé. De ma fille, pour l’ouverture d’esprit extrême qu’elle m’a apporté. De l’univers, grâce à ce nouveau regard que ma fille m’apporte, j’observe et j’apprends de tout ce que je perçois.

Quel est ton livre/podcast préféré du moment?

En ce moment, je suis entre deux livres: L’autisme expliqué aux non-autistes par Brigitte Harrisson et Lise St Charles, et Les femmes qui courent avec les loups par Clarissa Pinkola Estés vu dans l’une de tes stories sur Instagram que je dévore doucement.

Aurais-tu un petit mot à ajouter?

Je suis un peu décalée, avec mes écrits et pourtant tu m’a fais confiance. Merci à toi pour ta confiance et ton intérêt pour mes écrits.

Merci infiniment Tatjana pour cet échange profondément bienveillant. Je vous laisse découvrir son univers lumineux et terriblement attachant via sa page Instagram @tatjana_tamara_

Crédit photos  –  Annie Spratt via Unsplash



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